fantômes

les fantômes ne sont pas nos morts

Ce sont les vivants qui ne peuvent les oublier

je suis moi-même devenu un fantôme. 

je vis avec mes morts.

Je leur fais signe.

Je perce leurs silences, je gratte leurs tombes

Je les transforme en papillons fugitifs, égarés parmi les vivants.

Je les rejoins là où les vivants ne sont plus

Quand je reviens parmi les vivants,

Je tire encore une chaîne que les morts retiennent

et ma plainte glisse sous les portes

avec la froideur de la tombe que je ne peux refermer

Je gémis parmi les vivants.

Je souris quand je retrouve les morts

Ma peine est un suaire qui voile la lumière du soleil

et reflête les rayons de la lune.

Je suis encore ici mais tellement loin déjà

Je suis déjà là-bas

Là-bas, ici, pour un fantôme il n’y a pas de frontière

Ma voix ici résonne comme un écho de là-bas

Je m’efforce de ne pas effrayer les vivants,

mais je ne peux me résoudre à oublier mes morts .


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