Arbre, mon ami, tes feuilles légères tendrement agitées dansent autour de moi. Elles portent encore les couleurs fraîches du printemps et les violences d’or et de sang des passions de l’été.
Dans le silence, et le brouillard, me disent elles adieu?
Arbre mon ami cherches-tu à me consoler ?
Dans ce silence tragique, tout est solitude, attente et recueillement. Tout s’éloigne.
il faut rentrer les chaises du jardin
Après tant d’automnes, ai-je encore besoin d’être accompagné vers l’hiver à nouveau?
Cet été qui m’a quitté, jamais ne reviendra.
il faut rentrer les chaises du jardin
Ce sera un autre été tendu vers une vie nouvelle, avec une autre ardeur, oublieux du passé.
Il faut l’accepter, attendre, guetter dans les lueurs de la lune,
soulevant des vagues d’anthocyanes rougeoyant des érables,
d’aiguilles d’or des mélèzes
et des odeurs d’humus des champignons
le cerf aux bois sanglants qui marche au sacrifice,
il faut rentrer les chaises du jardin
C’est la nuit qui fermente.
Gardons espoir
ne pleurons pas avec la pluie,
il faut rentrer les chaises du jardin.