Ecrans

les écrans ne sont pas une fenêtre sur le monde

Ils sont une fenêtre sur nous-même

quelqu’un qu’on ne voit pas, agite les créatures de nos rêves dans des paysages merveilleux.

Tapi dans la sombre toile, il nous tient

avec ses griffes d’algorythmes

dans les fils arachnéens

du nuage d’inconnaissance

dans ce monde étroit,

sans profondeur,

sans saveur,

sans amour,

il s’éloigne sans cesse.

entre des images du monde.

et peu à peu notre humanité se dessèche.

Nous devenons image,

une image de visage parmi d’autres images de visages

tourbillon de visages.

Notre corps seul, immobile

n’est plus que la sécrétion nauséabonde de nos images.

Mais parfois un astre illumine les fils d’argent

Eclaire la vie qui fuit entre nos doigts

Eteint les écrans qui font écran

Une porte s’ouvre sur un jardin où chantent des oiseaux

les fleurs font tourner les saisons

Un monde existe

indifférent

beau

Il ne demande rien.

Il n’attend rien de nous

Il nous laisse libre de découvrir et d’aimer


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