La mouette

elle aimait se poser sur les courants d’air chaud qui l’emportaient plus haut dans le ciel

elle montait si haut qu’après avoir traversé les ardeurs éblouissantes du soleil, elle rejoignait les nuits glacées où l’air se faisait rare

alors inclinant ses ailes, elle fuyait le nuage qui l’avait aspiré

avec une vitesse vertigineuse, son corps blanc traversait le ciel bleu

attrapait le poisson téméraire à la surface de l’eau

en éclaboussant les vagues.

Un grand rire déchirait le ciel.

Un vent contraire venait la ralentir.

Toute sa vie, elle avait glissé ainsi entre les vents qui jouaient avec elle

heureuse par instant seulement lorsque oubliant la faim, la fatigue,

elle découvrait la lumière apaisée du soleil couchant

alors il lui venait le soupçon qu’il n’y a pas que la nuit

qu’il n’y a pas que le soleil aveuglant

que la joie sauvage du poisson attrapé

qu’il n’y a pas que le vent, la pluie

qu’il existe autre chose qui l’appelle

une grande soif d’émerveillement

qui ne s’étanche qu’au-delà du connu


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