Au cours des mots

je ne suis rien sans mots
Les mots ont pris possession de moi.
ils sont mon origine, mon passé, mon présent mon futur
Ils sont mon ailleurs
ils sont ici
Ils sont entre moi et moi
Entre toi et moi
Ils sont entre les autres et moi                                                                              Ils sont entre moi et ceux qui ne sont plus
Ils sont même ce qui n’est pas mais qui pourrait être
Au-delà d’eux
Sans eux, je ne suis qu’un cri de souffrance ou un grognement de plaisir
Seule la peur les distingue
Sans les mots, il n’est pas de conscience
À l’origine était le verbe et le verbe s’est fait Dieu puis Dieu s’est fait verbe.         Le verbe ouvre une autre dimension qui défie l’espace et le temps
Il suffit de quelques mots, parfois d’un seul pour que je pleure, que je rie, que j’aime ou que je haïsse
les mots m’emportent et me transforment
Leurs lettres, leurs sons dissipent les ténèbres
Donnent jour, forme et sens à tout ce qui est
Sans eux, il n’est pas de mémoire                                                                               Sans eux, il n’est pas de projet                                                                              Sans eux, il n’est pas de regrets, il n’est pas d’espoir
sans eux, il n’est pas de jeu, il n’est pas de plaisir
Sans eux il n’est pas d’ Humain
les mots me grandissent
Les mots me libèrent et m’emprisonnent à la fois
Ils me distinguent et me dissimulent
ils sont le lien qui me rapproche de mes semblables et la clé qui m’en libère
Jeux de cirque, cris de révolte ou d’admiration                                                                              

Dans l’alchimie des mots, l’expérience humaine se transforme en conscience de vie                                                                                                                                                  ils sont comme ces semi-conducteurs qui font naître un signal plus puissant et du feu des émotions naît la lumière du sentiment                                                                                                                 ils seront encore là sur la pierre froide qui se refermera sur moi  mais par-dessus tout, ils sont le navire de mon émerveillement pour le grand voyage que j’ai entrepris à ma naissance entre les astres et les fées.    


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