L’éternité est ailleurs

je vois les traces du temps où l’homme est apparu

et des vestiges des temps durant lesquels l’homme n’existait pas encore,

des temps beaucoup plus longs.

En vain je me représente ces durées.

En vain je les mesure.

Je ne peux mesurer l’éternité.

L’éternité est le temps de Dieu.

Le temps de Dieu n’est pas le temps de l’homme.

Je parcours l’espace sur des distances de plus en plus grandes

Plus je m’avance dans cet univers si grand, plus il s’agrandit, plus il s’étend

l’infini s’éloigne de moi dans ces nouveaux espaces,

Dieu je ne te vois pas !

Ô Dieu pourquoi m’as-tu fait si infiniment petit ?

L’espace de Dieu n’est pas un lieu de l’homme.

Il est ailleurs.

Dieu Toi qui es parfait, aurais-tu créer une perfection qui ne soit pas achevée et qui continue à grandir ?

Je ne peux concevoir que tu sois parfait, et pourtant changeant.

La perfection de Dieu n’est pas la perfection de l’homme.

Plus mon cerveau se développe, moins je m’approche de Dieu et j’erre dans l’espace et le temps, solitaire, cherchant toujours une certitude sur laquelle m’appuyer.

Dieu ! sur tous ces milliards de planètes que tu as créées, est-il possible qu’il n’y en ait pas d’autres qui ne possèdent pareillement la vie, l’eau, le feu et l’air pour créer un peuple semblable au mien que tu aurais également créé à ton image ?

J’observe les étoiles dans les nuits sans nuages

attendant un signe

Rien !

ô comme elles sont indifférentes !

ô comme la nuit est froide !

La connaissance nous éloigne de la foi, nous disent les prêtres mais alors pourquoi faut-il des connaissances pour accéder à la foi !

je souffre de cette solitude,

et toi Dieu, souffres-tu ?

Est-il possible que tu puisses aimer et ne pas souffrir ?

Plus je t’appelle et plus tu fais silence.

Insupportable absence

Dieu j’ai besoin de toi

Mais tu n’as pas besoin de moi.

Dieu Tu m’as promis la vie éternelle, mais plus je la cherche, moins je la trouve. Que restera-t-il de moi dans cette vie éternelle ?

Qui pourrai-je rencontrer que j’ai aimé et sous quelle forme serai-je lorsque je ne serai plus avec mon corps humain ? comme ta vie éternelle est loin de ma vie !

Etres chers perdus, je ne vous reverrai jamais !

il me faut renoncer à tant de choses pour accéder à la vie éternelle.

Mon corps, mes amours et mes joies disparaîtront avec mon esprit.

Je ne serai plus que matière changeante dans la terre,

nourrissant une autre vie,

sans mémoire de la mienne.

Plus l’humain s’avance dans le temps

Plus il s’éloigne de la vie éternelle.

Je le vois bien

Pour approcher de l’éternité, il me faut accepter de ne plus être moi

Il me faut accepter ce seul instant de bonheur et d’émerveillement,

Il me faut accepter d’être un fugace instant ce que je suis, et qui n’est déjà plus

Je suis un point de rencontre où se croisent des causes innombrables

Je suis un passage entre ce qui ne commence pas
et ce qui ne finit pas,

un remous de reflets brisés dans des profondeurs invisibles

Je suis ce qui n’est pas.

Je suis ce qui est sans moi.


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